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C'est vrai que quand on y réfléchit c'est un loisir pas commun du tout !

Y'en a qui sont au courant, certains qui en on entendu parler viteuf: je fais de l'hélicoptère.


Oui. Pas le joujou télécommandé là. Du vrai hélicoptère qui vole et tout. Mais non, je ne pilote pas, je copilote !


Et comme y'a souvent des questions, je vais essayer d'éclaircir un peu ça ici (en faisant rapide quand même, parce que des détails y'en a beaucoup et ça peut prendre des plombes).

 

IMG 3399

 

Le facteur déclencheur.

C'était en 2002. Ma factrice (Gaby) qui accessoirement me connais depuis que j'ai 2 ans, me propose de m'amener chez mon oncle en région parisienne, car ils y sont hébergés avec Jean-Louis avant une compétition d'hélicoptère à Meaux (championnats de France).

En bref on fait la route à trois jusqu'à Lyon, et là Jean-Louis doit y récupérer un petit hélicoptère pour l'emmener sur le lieu du championnat. Gaby me propose naturellement de monter avec lui.

Il faudrait franchement être couillon pour refuser, à moins bien sûr d'être grave en panique dès qu'on a plus les pieds sur la terre ferme. Ce qui de toute façon n'est absolument pas mon cas.

J'ai pas hésité longtemps.

 

Me voilà donc en train de me faire briefer sur une carte du ciel par Gaby pour, si j'y arrive et si ça me botte, « aider » JL (qui n'en a pas réellement besoin vu les milliers d'heures de vol qu'il a à son actif, et son GPS).

Et nous voilà parti pour 3h de vol. Et moi qui me repère facilement, qui arrive complètement me retrouver entre la carte et le sol, et même pas envie de vomir, moi qui suis capable de gerbouler en voiture en quittant la route des yeux pendant plus de 2 minutes.

Une fois arrivés, JL me complimente pour ça, est visiblement « bluffé » par mon aisance et en touche un mot à Gaby.

C'est là que l'idée germe dans sa tête...

 

 

La proposition.

Suite à ça, Gaby m'a soumis plusieurs fois l'idée de « monter » une équipe féminine pour les championnats d'hélico.
Elle y participait déjà depuis quelques temps avec JL (lui pilote, et elle en tant que co-pilote) et avaient de bons résultats. Mais pas d'équipe de meufs en France (alors qu'il en existe dans d'autres pays depuis un bail), et un peu aussi envie de sa part de passer pilote.


Le problème c'était surtout que 1/ j'étais encore mineure, donc 2/ pas de permis, et 3/ complètement dépendante (financièrement aussi). Et faut le dire, c'est quand même un sport pour les gens qui en ont les moyens. Donc même pas la peine d'y penser, point d'hélicoptère pour moi.

 

Et puis en 2008, le samedi du week-end de la pentecôte (on va dire début juin en gros), voilà ma Gaby qui nous apporte le courrier pendant qu'on prend le p'tit dèj' dans la véranda avec Môman. Et c'est là qu'elle m'annonce que les championnats de France ont lieu cette année à Pézenas, et que JL y participe (comme co-pilote) avec un ami à lui. Qu'elle se retrouve donc seule. Et me re-propose donc de former une équipe de nénettes.

BINGO pour moi, c'est le bon moment, j'ai du temps pour m’entraîner, et j'ai une voiture.

Reste juste la question financière à régler...

 

 

L'organisation.

Gaby est toujours pleine d'idées. Y'a qu'a se faire sponsoriser.

Et c'est parti pour les demandes de sponsors chez les grandes marques (produits de beauté pour actrices américaines, boisson énergisante à la transpiration de taureau...).

Le premier hic c'est que l'hélicoptère n'est pas franchement un sport connu en France.

Le second c'est qu'on n'est pas franchement connues en France.

Une de nous deux se serait appelée Marion Cotillard ou Florence Foresti, dessuite ça aurait été plus facile !

 

Seconde idée de Gaby : se faire sponsoriser, oui. Mais par les gens du coin. Donc elle profite de faire sa tournée de factrice pour en toucher un mot à tous les voisins de la montagne.

La nouvelle se répand comme quoi « la factrice et la petite vont participer à un championnat de France, macarel. Et pour voler en hélicoptère, oh con » !!

Et à coup de petits dons (contre un scoubidou en forme d'hélico fabriqué par moi-même ; c'est uniquement pour le geste mais ça a fait son effet), on finit par avoir assez pour se payer l'inscription et quelques heures d’entraînement.

 

 

En quoi ça consiste vraiment.

Premier entraînement à l'aéroclub de Pézenas. Voilà Gaby qui m'explique d'abord sur maquettes qu'il y a 4 épreuves : un vol de précision (appelé le « carré », ce qui est complètement con, puisque c'est en fait un rectangle), une épreuve de navigation, un slalom et cette p***** d'épreuve du fender [prononcer à l'anglaise : faine'dair] (qui consiste à mettre un pare-battage dans une poubelle à une hauteur de corde définie).

 

Je vais pas les décrire en détails parce que j'en aurait pour 4 jours, mais il y a une explication sur le site de la FAI (Fédération Aéronautique Internationale) ici : http://www.fai.org/cig-our-sport/cig-fender

 

Puis entraînement dans l'hélico, avec JL à la radio pour nous engueuler coacher.

Pour le carré, tout va bien, pas grand chose à faire pour ma part, mais le moins funky aussi.

Mais pour le reste, on m'a dit que le co-pilote faisait 80% du taf, ben c'est vrai en fait.

C'est qu'il faut à la fois gérer la direction/hauteur de l'hélico au sol (parce que le pilote ne voit absolument rien quand il est à 12m au dessus de la cible sur laquelle je dois poser mon seau d'eau), et gérer les différents joujoux qu'on me donne selon les épreuves (quille, sacs de sable, seau d'eau, pare-battage), parce qu'il y a du vent, ou du ballant, ou les deux même et qu'il faut les amener et les larguer à des endroits bien précis.

Le temps passe super vite, parce que les épreuves sont super rapides (mis à part la navigation ; de 50 secondes à 3'20 minutes).

Inutile donc de préciser que si le pilote et le co-pilote ne se font pas confiance, c'est mort.

Si ils ne communiquent pas assez, c'est mort aussi (bon en même temps, communiquer c'est pas trop un problème pour moi).

On s’entraîne pendant 5 ou 6 dimanches et arrive le championnat.

 

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La concrétisation.

Nous voilà en août, je sui la plus jeune débarquée dans cette grande famille de fanatiques d'hélicoptère, moi j'y connais rien. C'est à la fois excitant et flippant en fait.

Les gens sont tous super sympas, accueillants, simples et relax. Ils sont pilotes, commandants de bord, militaires ou juste passionnés (et des fois riches, ça aide).

Les épreuves se passent dans une ambiance familiale, avec une bonne humeur générale, à la « bonne franquette » quoi. Et comme on est la seule équipe 100% féminine, on est chouchoutées. Au final on aura même pas payé l'inscription, c'était « cadeau ».

On a tapissé le petit hélicoptère blanc et bleu des publicités de toutes les boites de la région qui nous ont aidé financièrement. Les « sponsors » nous auront complètement remboursé les heures d’entraînement...

Et puis on termine 5èmes au classement général. Pas si mal en fin de compte. Je vous dit pas le nombre total d'équipages présents (ça donne plus de panache), mais on aura quand même battu plusieurs équipes (oui, plus que 1).

Et on a eu le droit à notre coupe et photo avec les trois premiers du classement, en tant que « championnes » de France 2008 (ouais bon, là normal, on était les seules, mais chuuuuuuuut). En tout cas ça fait hyper classe sur mon CV...

 


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Le premier chapitre s’arrête ici.

La suite c'était cet été.

En Russie.

A suivre donc...

Nitrotek 06/11/2012 12:32


fantastique, de publier, très instructif. Je, ve demandais, pourquoi les autres spécialistes de ce secteur ne comprennent pas cela. Vous devez procéder votre écriture. Je suis sûr, vous avez une
base de lecteurs d'énormes «déjà!


Regards Colin hanks.


Nitrotek